Parfois, le travail sur les aspects biomécaniques du corps humain ne suffit pas. Il est nécessaire de tenter "aller plus loin" afin d'aider les patients à identifier certains facteurs de résistance plus ou moins conscients, toujours involontaires, qui participent à maintenir des douleurs ou gènes chroniques. La "voie finale commune" de ces résistances s'exprime, dans le corps, par des tensions musculaires difficiles à identifier et donc à relâcher. C'est souvent le cas au niveau des épaules, de la mâchoire, de l'abdomen et du diaphragme par exemple. L'expression de ces résistances peut aussi s'exprimer par des comportements ou attitudes qui ne sont plus en accord avec notre identité profonde.

Il est alors nécessaire d'aider à diminuer l'activité du mental, sans jamais le nier ou le dénigrer puisque c'est cette structure qui vient nous aider à vivre en société. Lorsque l'activité du mental prend le pas en permanence, il vient souvent juger, comparer, chercher à comprendre et à interpréter certaines sensations corporelles. Or c'est souvent dans l'autre sens qu'il est nécessaire d'aller : Apaiser l'hyperactivité mentale afin de laisser le corps s'exprimer et seulement ensuite, éventuellement, donner du sens à ces tensions. C'est le but de toutes les approches dites psycho-corporelles. 

De nombreux outils existent afin de favoriser cet abord. sensoriel Tous ont pour objectif d'aller vers un état de méditation plus ou moins profond en diminuant la "pensée"... et certaines peurs. Aussi puissants soient-ils, ces outils restent des outils et ne sont jamais une fin en soi.

J'utilise essentiellement le travail sur le souffle, qui se prête bien aux soins en cabinet. Je mets en avant une longue expérience dans ce domaine, lié à plus de vingt ans de pratique des arts martiaux chinois et taoïstes, ainsi que mon expérience du Pranayama et de la respiration holotropique. Si cette approche technique sur la respiration donne de bons résultats j'invite souvent les patients à aller plus loin auprès de formateurs spécialisés et agréés dans certaines approches spécifiques, en premier lieu vers la respiration holotropique qui permet de toucher en grande profondeur (http://ceshum.net/www.souffletherapie.netwww.tothem.ch...), ainsi que vers certaines formes de yoga qui utilisent le Pranayama (la discipline du souffle). La méthode Wim Hof (www.wimhofmethod.com) utilise précisément les techniques de Pranayama (en les adaptant dans un protocole personnel) afin de profiter calmement des bénéfices pour la santé de l'exposition au froid.


A titre personnel et afin de décrire plus précisément mon expérience dans le domaine des soins avec états de conscience modifiés, j'ai également travaillé huit années avec l'usage thérapeutique de l'Ayahuasca. 

Entre 2009 et 2017 j'ai dispensé trois jours par mois des soins ostéopathiques durant des sessions de travail avec l'Ayahuasca afin de potentialiser au mieux les bénéfices de cette boisson, dans un cadre traditionnel et légal (Hollande et Brésil), et de travailler à apporter une réponse innovante aux patients porteurs de douleurs chroniques qui ne parviennent pas à trouver de réponse satisfaisante avec les soins courants. Les perceptions du praticien sont augmentées avec l'Ayahuasca, ainsi que celles du patient qui perçoit mieux les influences sensorielles et motrices de son propre corps, en plus qu'il travaille directement sur sa relation intime et strictement personnelle avec la douleur et ses contextes de survenue.

J'ai également participé à une diète de trois semaines directement en Amazonie brésilienne auprès d'un responsable de peuple autochtone, afin de perfectionner ma connaissance du travail de thérapie manuelle avec l'Ayahuasca. 

J'ai également soutenu une présentation orale en congrès scientifique sur les résultats d'un questionnaire anonyme réalisé auprès de 800 personnes ayant consommé cette boisson en Europe.

Cette solide expérience m'a apporté une palette d'outils palpatoires et diagnostiques qui enrichissent ma pratique quotidienne.

En revanche, la situation légale en Suisse et en Europe ainsi que le contexte de dérives en tout genre lié à l'usage prosélyte et à mon sens inconsidéré de cette plante m'ont amené à cesser mon travail dans ce domaine en Europe.

 

Bain dans une eau glacée, possible uniquement avec un travail sur la concentration, aidé par la maîtrise du souffle conscient (Pranayama), afin de diminuer les sensations parasites de peurs tout en gardant la plus grande lucidité (déc. 2018).